Mounjaro remboursé dès aujourd'hui : ce que vous devez vraiment savoir
- Mélanie Martin
- 15 juin
- 3 min de lecture
C'est officiel. Depuis ce matin, le Mounjaro (tirzépatide) est remboursé à 65 % par l'Assurance Maladie. Beaucoup de mes patientes m'ont écrit dès hier soir pour me demander si elles étaient concernées. Voici ma réponse complète.
Qu'est-ce que le Mounjaro (tirzépatide) ?
Le Mounjaro est un médicament injectable qui appartient à une classe thérapeutique inédite : les agonistes doubles GIP/GLP-1. Là où l'Ozempic n'agit que sur les récepteurs GLP-1, le tirzépatide agit simultanément sur deux récepteurs — ce qui explique ses résultats bien supérieurs dans les études cliniques.
Les essais du programme Surmount montrent une perte de poids moyenne de 15 à 22 % du poids corporel selon le dosage, contre 10 à 15 % pour le sémaglutide.
En pratique : il réduit l'appétit, ralentit la vidange gastrique et améliore la sensibilité à l'insuline. Une injection sous-cutanée par semaine, avec montée progressive des doses.
Qui peut en bénéficier ? Les conditions exactes
Le remboursement n'est pas automatique. Il faut réunir simultanément toutes ces conditions, fixées par les arrêtés du Journal Officiel du 28 mai 2026 :
IMC initial ≥ 40 kg/m² sans comorbidité, ou IMC ≥ 35 kg/m² avec au moins une comorbidité (diabète de type 2, HTA traitée, SOPK, apnée du sommeil, NASH, maladie rénale chronique…)
Échec d'une prise en charge nutritionnelle : moins de 5 % de perte de poids après 6 mois d'accompagnement nutritionnel bien conduit.
Prescription initiale par un médecin spécialisé : centre spécialisé obésité (CSO), CHU ou endocrinologue. Le renouvellement peut ensuite être fait par tout médecin.
💊 Remboursement à 65 % — Prix du Mounjaro : de 176 € à 434 € selon le dosage (reste à charge estimé entre 62 € et 152 €).
Pour le diabète de type 2 : le Mounjaro est également remboursé en bithérapie avec la metformine, ou en trithérapie. Dans cette indication, tout médecin peut prescrire sans restriction de spécialité.
Pourquoi un suivi nutritionnel reste indispensable
Je le dis souvent à mes patientes : un médicament ne remplace pas un accompagnement nutritionnel, il le complète. Et dans ce cas précis, le remboursement lui-même l'exige — la prise en charge nutritionnelle préalable fait partie des critères officiels.
Pendant le traitement, votre appétit va chuter de façon significative. C'est l'effet recherché — mais si l'alimentation n'est pas pensée, les risques sont réels. À l'arrêt du traitement, sans changement durable des habitudes, le poids reprend. Ce qui dure, c'est ce qu'on construit ensemble.
Les risques nutritionnels souvent oubliés
Ce que la prescription médicale seule ne couvre pas :
Sarcopénie — la perte musculaire silencieuse : une perte de poids rapide entraîne souvent une perte de masse musculaire. Il faut optimiser l'apport en protéines (1,2 à 1,6 g/kg/jour) et maintenir une activité physique de résistance.
Carences micronutritionnelles : fer, vitamine B12, calcium, vitamine D, magnésium — avec la réduction des quantités ingérées, les déficits s'installent vite et discrètement.
Nausées et choix alimentaires inadaptés : fréquentes en début de traitement, elles poussent souvent vers des aliments liquides ou peu nutritifs. Un accompagnement permet d'anticiper et d'adapter.
Déshydratation sous-estimée : la réduction de l'appétit entraîne aussi une baisse des apports liquidiens. Elle s'installe progressivement et passe souvent inaperçue.
Vous êtes concernée ou vous avez des questions ?
Que vous soyez sous Mounjaro, en réflexion, ou simplement en train de gérer votre poids — je vous accompagne avec bienveillance, sans jugement, et selon vos besoins réels. Prenez rendez-vous en ligne et parlons-en ensemble.
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